Connaître, préserver et valoriser le patrimoine historique,
géologique et archéologique du territoire
entre Ain, Saine et Lemme
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Le mobilier archéologique des fouilles et sondages Berthier

conservé, géré et mis en valeur par ArchéoJuraSites

 

 

Une mission spécifique d’ArchéoJuraSites

L’association ArchéoJuraSites s’est donné pour mission l’étude, la mise en valeur et la préservation du patrimoine archéologique et historique du territoire situé entre les vallées de la Lemme, de la Saine et de l’Ain supérieur et cela dans la continuation des travaux des grands érudits locaux et nationaux qu’ont été Louis-Abel Girardot, René Chambelland et André Berthier. En mentionnant ce dernier nom, on est assez logiquement conduit à évoquer le rôle capital qu’a joué à partir du milieu des années 60 ce grand archiviste-paléographe et aussi archéologue renommé dans la mise au jour de nombreux vestiges anthropiques sur ce territoire.

 

Sur la base de sa thèse “Alésia – Chaux-des-Crotenay”, André Berthier a pu obtenir quelques rares autorisations de fouille et de sondage qui ont permis non seulement d’obtenir de premières confirmations de la plausibilité de sa thèse, mais aussi de découvrir une richesse patrimoniale exceptionnelle, totalement insoupçonnée et encore aujourd’hui ignorée des autorités administratives et universitaires que le syndrome “Alésia” rend mal à l’aise (ou méfiantes). Les travaux de terrain de Berthier ont permis de recueillir au fil du temps plusieurs centaines voire plusieurs milliers d’objets (métal, céramique, verre, pierre, os, bois…) dont une grande partie a pu être conservée jusqu’à aujourd’hui sans toutefois qu’aient pu être encore engagées des études scientifiques de ce corpus.
 

 

Dans le contexte de sa mission mentionnée plus haut, ArchéoJuraSites est directement impliquée dans la conservation, le traitement, la gestion et la mise en valeur de ce fonds de mobilier archéologique Berthier, collection unique en son genre pour ce territoire du Jura des plateaux souvent considéré mais à tort comme un désert archéologique.

Les origines du mobilier archéologique conservé

 Pour sa plus grande part, le mobilier archéologique conservé par ArchéoJuraSites provient des fouilles et sondages réalisés par André Berthier et son équipe dans les années 1970 à 1990. La famille d’André Berthier a décidé, en 2010-2011, de confier officiellement à ArchéoJuraSites la responsabilité de conserver, de faire connaître et de mettre en valeur la collection des trouvailles de l’inventeur de la localisation d’Alésia à Chaux-des-Crotenay.

 

Ce mobilier provient essentiellement des rares investigations autorisées faites pendant quelques semaines d’été en 30 ans et concernent 3 lieux distincts :

  • Crans (bastion carré, fanum gallo-romain et/ou ferme médiévale) fouillé et étudié à plusieurs reprises dans les années 70-80 et au début des années 90 ;
  • Cornu (Chaux-des-Crotenay) lors de fouilles autorisées en 1974 et 1977 ;
  • Chaux-des-Crotenay, lors des fouilles de 1984-1985 (étude de plusieurs tumulus, du mur duplex…).

Ont été aussi conservés par Berthier divers objets recueillis en d’autres endroits du site lors de reconnaissances de terrain et de collectes en surface à Entre-deux-Monts, sous le Rachet, à proximité de l’enceinte cyclopéenne autour de Chaux-des-Crotenay, à Pont-de-la-Chaux, en plaine de Syam ou encore aux Gîts de Syam et aux Planches-en-Montagne.

Il est important de souligner le fait qu’un certain nombre de trouvailles faites lors de ces investigations Berthier ne sont pas présentes dans la collection actuellement conservée par ArchéoJuraSites. C’est le cas notamment :

  • des toutes premières fouilles autorisées de 1964-65 : la mise en place complexe de ces opérations et le climat de défiance entretenu alors par la Direction des antiquités régionales de Franche-Comté à l’égard d’André Berthier n’ont pas permis de mettre en place une méthodologie rigoureuse pour la conservation des trouvailles ;
  • des fouilles autorisées en 1971-72 des cônes du Champ Tissot à la Grange d’Aufferin de Syam : l’archéologue Bernard Edeine (Ecole de fouille du Mont Joly à Caen), officiellement chargé des fouilles, semble avoir conservé par devers lui l’essentiel des trouvailles, suite à un conflit survenu en juillet 1972 avec l’équipe Berthier ;
  • des fouilles tardives des années 90 aux Etangs de Crans, placées sous la responsabilité de Christophe Méloche : les archives Berthier laissent penser qu’une partie du mobilier a pu être remis au Centre départemental jurassien de dépôt du mobilier archéologique

La consistance de la collection du mobilier archéologique

En dépit de la rareté des fouilles et sondages autorisés, en dépit aussi du fait que ces travaux n’ont permis de fouiller que quelques centaines de mètres carrés de terrain, la récolte du mobilier archéologique par les équipes Berthier reste impressionnante. Plusieurs milliers d’objets (tessons de céramique, ossements, pièces de métal…) sont aujourd’hui conservés, occupant un volume plusieurs m3 de caisses, cartons et boîtes.

Il s’agit essentiellement :

  • de tessons de céramique et de verrerie d’époques variées (Halstatt, la Tène, époque gallo-romaine des Ier-IIIème siècles, médiéval, époque moderne), témoignant d’occupations humaines successives sur certains lieux de passage (comme par exemple les Etangs de Crans et la Vie des Morts). A noter la présence de tessons de contrefaçon de Campanienne B, de sigillée, de céramique métallescente relatifs aux époques romaine et gallo-romaine : une expertise d’ensemble réalisée en 2011 montre que l’essentiel du mobilier céramique (60 à 70% des tessons) correspond à la période gallo-romaine ;
 
 
 
 
 
  • de pièces métalliques diverses dont des milliers de clous et agrafes (aux Etangs de Crans), des pointes de flèches, des talons et des fers de lance, des outils (hachette…) des pièces ornementales ou décoratives (boucles…), des couteaux en fer, des monnaies et surtout une remarquable clé antique en bronze et fer expertisée par deux musées spécialisés comme datant du 1er siècle av. J.C. ;
 
 
 
 
  • de plusieurs centaines d’ossements trouvés lors des fouilles de structures cylindriques et de tumulus aux Abattois, dans le Bois de derrière Cornu (plusieurs fosses), au Champ des Mottes et au Pré-Romand ou encore dans des niches aménagées dans diverses structures monumentales (“dépôts sacrés”) ;
 
 
 
  • d’un certain nombre de pierres originales, notamment des pierres à cupule (Champ des Mottes), des pierres zoomorphes et des œufs de pierre insérées dans des niches de monuments protohistoriques ou encore d’une structure cylindrique en tuf mise au jour lors d’une des fouilles aux Etangs de Crans.

Il faudrait pouvoir ajouter à cela certains objets en bois qui malheureusement n’ont pas été conservés par André Berthier. C’est le cas notamment des pieux en résineux recueillis en 1972 lors des fouilles des cônes du Champ Tissot de la Grange d’Aufferin (possibles lilia ou pièges romains).

Des photos attestent de l’existence de ces pieux qui ont aujourd’hui disparu : il serait souhaitable qu’ils soient remis rapidement par leurs détenteurs à ArchéoJuraSites pour une conservation appropriée.

Voir un aperçu d'une sélection d'objets

L’inventaire du mobilier archéologique

Le mobilier archéologique trouvé par André Berthier et ses équipiers lors des diverses campagnes annuelles de fouille et/ou de sondage ou lors de simples reconnaissances de terrain a été inventorié successivement, à des époques diverses, selon plusieurs modalités de classification.
Jusqu’à une époque récente (début des années 2000), aucun document de synthèse ne semble avoir été produit et/ou conservé permettant d’indiquer l’existence de grandes lignes de ces classifications originelles. Tout au plus dispose-t-on de documents plus tardifs établis entre 2001 et 2003 par Claire Berthier (fille d’André Berthier), faisant ressortir des “bribes” de dispositifs de classification utilisés dans les années 1980, à savoir :

  • d’une part, une numérotation courante apposée sur certains objets, en particulier sur des tessons de céramique et sur les ossements (il reste à retrouver la trace d’un répertoire précisant cette numérotation) ;
  • d’autre part, une ou des numérotations de repérage des “carrés” de fouille ou de sondage où furent trouvés certains objets.

Après le décès de son père en décembre 2000, Claire Berthier est chargée par sa famille de mettre en ordre les archives d’André Berthier ainsi que la collection du mobilier archéologique.
Sous les conseils d’archéologues du Musée des Antiquités Nationales, elle se lance dans l’établissement de l'inventaire des objets mis au jour par son père et ses collaborateurs et conservés par la famille Berthier.

Une première version manuscrite de cet inventaire “systématique” est réalisé sous forme d’un carnet manuscrit disponible dans les Archives Berthier.
L’organisation de cet inventaire se présente sous forme de fiches plus ou moins détaillées pour chacune des “caisses” (classification de 1er niveau) et des “boîtes” (classification de 2nd niveau). Des précisions sont données sur les lieux et les dates des collectes ainsi qu’une description sommaire des contenus des boîtes.

Une nouvelle version, informatisée et plus aisément communicable, est produite en 2001 (reprise et finalisée en 2003). Ces deux versions tapuscrites successives de l'inventaire reprennent à quelques petites différences près le cahier d'inventaire manuscrit et apportent quelques précisions (avis, expertises…).

Les 3 versions (cahier manuscrit et versions tapuscrites) sont accessibles via le Portail des Archives (lien avec la page ad-hoc du Portail : L-2003-03397).

ArchéoJuraSites a mis en chantier à partir de 2014 une opération de récolement de la collection du mobilier archéologique avec le souci de rendre possible la mise en relation des données des inventaires de Claire Berthier avec celles des possibles inventaires antérieurs, comme avec les informations disponibles dans les rapports de fouilles et sondages.

L’étude et les expertises du mobilier archéologique

A plusieurs reprises, André Berthier s’est efforcé d’obtenir des avis ou expertises relatifs à certaines de ses trouvailles.

Dès la deuxième moitié des années 60 (premières fouilles autorisées), il a sollicité des experts, notamment des géologues, pour préciser la nature de certaines configurations de terrain (action anthropique ou action naturelle ?). Une expertise a aussi été sollicitée en 1972 auprès du Centre Technique du Bois pour connaître la nature des pieux du Champ Tissot.

Au début des années 80, Berthier a sollicité les avis du Musée de Naples et du Musée de Rouen sur la clé romaine trouvée en combe de Crans.
Pendant toute la décennie 80, alors que les fouilles aux Etangs de Crans permettaient de mettre au jour des milliers de tessons de céramique, les équipes Berthier se sont efforcées de dresser une typologie des trouvailles céramiques, notamment sous la direction de Christophe Méloche. Cela a conduit à la publication de plusieurs articles parus dans le Bulletin de l’association A.L.E.S.I.A. précisant l’origine gallo-romaine de la majorité de ces trouvailles (lien avec la ou les pages ad-hoc du Portail).

En 2011, ArchéoJuraSites a décidé de solliciter plusieurs experts pour donner un avis d’ensemble sur le mobilier Berthier. Ces expertises, coordonnées par Jean-René Le Nézet, ont été réalisées par :

  • Armand Desbat et Sandrine Marquié pour la céramologie (le 2 juillet 2011) ;
  • Jean-Paul Guillaumet pour la paléomanufacture ou le métallique (le 2 septembre 2011).

Les rapports d’expertise constituent une source importante d’information relatives à la description des contenus des boites et sacs (énumération des objets) ; ils se calent sur la classification définie par Claire Berthier.

La partie “céramique” respecte très scrupuleusement l’inventaire Berthier et est très précise sur les contenus (désignation, nombre, nature…).

La partie “métallique” est beaucoup moins rigoureuse et de nombreuses erreurs par rapport à la classification sont à déplorer.

ArchéoJuraSites a précisé dans un article du Bulletin de l’association les limites de ces expertises et en a pointé les insuffisances notamment sur le métallique.
L’étude systématique et approfondie du mobilier archéologique Berthier reste donc à réaliser, avec la possibilité désormais d’exploiter le corpus des archives Berthier (rapports de fouilles et sondages, avis donnés, localisations…).

La conservation et la mise en valeur du mobilier

Disposant désormais de locaux en propre (Maison d’ArchéoJuraSites), aménagés récemment de façon appropriée grâce à l’aide financière des collectivités départementale et locale, l’association peut assurer dans les meilleures conditions la conservation du mobilier archéologique Berthier.

Après le chantier de récolement de la collection, est prévue une opération de changement d’une partie des “contenants” (cartons, boîtes, sacs…).

 

La mise en valeur du mobilier est aussi envisageable grâce aux vitrines installées dans l’Espace André Berthier de la Maison d’ArchéoJuraSites. Elle se fera aussi grâce à l’organisation d’expositions thématiques et à la réalisation de supports audiovisuels et la mise en ligne sur Internet de documents relatifs à la présentation et l’étude de ce mobilier.

 

 

Cruche à engobe blanc, brisée, percée d’un trou et reconstituée. Trouvée lors du sondage du Four de la Cotière en août 1977 (Ph. Ingrid Grimm)

Avertissement et encouragement

ArchéoJuraSites tient à exprimer formellement sa réprobation des agissements de certaines personnes qui mettent en péril le patrimoine archéologique en procédant à des destructions et pillages de structures (tertres, monuments…) ou en réalisant des prospections sauvages et illégales (notamment en utilisant des détecteurs de métaux). L’association mobilise les responsables des communes concernées pour que soit systématiquement sanctionnés, comme la loi les y autorise, les coupables de tels agissements.

L’appropriation privative de certains objets suite aux pillages de sites ou structures conduit inéluctablement à la disparition définitive des témoignages du passé que constitue le mobilier archéologique. Elle nuit gravement aussi à la réalisation d’études scientifiques systémiques permettant de comprendre ce passé.

Il est toutefois possible que lors de reconnaissances en surface sur les territoires des communes concernées, des personnes puissent découvrir des objets en métal ou en céramique. ArchéoJuraSites les invite vivement à ne pas garder par devers elles ces trouvailles et à les soumettre aux responsables de l’association qui leur donneront les meilleurs conseils pour la déclaration et la conservation des objets trouvés, en liaison avec les autorités archéologiques.   

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