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La “Découverte d’André Berthier”

Alésia - Chaux-des-Crotenay (Jura)

 

La bataille d'Alésia est une des plus importantes de l'antiquité. L'empereur Napoléon III a décrété qu'Alise-Sainte-Reine était le site officiel de cette bataille.  Mais le choix de cette localisation a très tôt été controversé car elle présente de nombreuses contradictions avec la description que fait César du site d'Alésia dans son Bellum Gallicum.

La Découverte d’André Berthier : Alésia - Chaux-des-Crotenay : La plaine de Syam et l'oppidum

La recherche d’André Berthier

En 1962, André Berthier, archéologue à Constantine, membre correspondant de l’Institut de France, met en oeuvre la méthode du portrait-robot pour l'appliquer au contexte de la bataille d'Alésia. Il tire du texte même de César et des autres historiens anciens tous les éléments topographiques, géographiques, stratégiques et tactiques qui permettent de restituer un “portrait” du site d'Alésia tel qu’il dut être.  Il superposa ce “portrait” à la carte d’état-major sur une zone s’étendant de Sens à Genève. Sur plus de 100 sites examinés, le seul qui se révéla conforme fut celui de Chaux-des-Crotenay, près de Champagnole, dans le Jura.
Depuis 1963, des recherches et de rares fouilles et sondages autorisés ont permis d’identifier les emplacements possibles des fortifications, des phases de combats, de reconnaître des kilomètres de murs, de fossés, et quelques mobiliers datés de l’époque républicaine. Les travaux de Berthier ont aussi permis de révéler la présence de nombreux vestiges protohistoriques pouvant renvoyer à l'Alésia décrite par Diodore de Sicile comme “métropole religieuse de toute la Celtique”.

 

La bataille d'Alésia, en bref

Devant le soulèvement général des peuples de la Gaule centrale, ayant regroupé toute son armée à Sens et reçu chez les Lingons un renfort de cavaliers germains pour remplacer les cavaliers éduens, César doit quitter la Gaule avec toute son armée pour la première fois en six ans de campagne.  Ayant fait attaquer la Province romaine au sud et menacer les Allobroges (Savoie) s’ils ne rejoignaient pas la rébellion, Vercingétorix oblige ainsi César à leur porter secours pour s’assurer le passage vers l’Italie. Celui-ci doit alors traverser le territoire des Séquanes (Franche-Comté) pour atteindre Genève qui est la ville située le plus au nord du territoire des Allobroges.

Le chef gaulois saisit l’opportunité et lance ses cavaliers par une route convergente au devant de l'armée romaine en marche, encombrée des chariots de bagages. Il établit une embuscade dans une plaine à proximité d'une rivière (Crotenay ?). Cette action n’obtient pas le succès espéré à cause de la présence inattendue des cavaliers germains qui parviennent à capturer l’état-major gaulois durant la bataille. L'armée de Vercingétorix se replie alors tout droit et sans interruption sur la place forte d'Alésia. Celle-ci avait été auparavant ravitaillée et préparée pour bloquer dans ses gorges la marche de l'armée romaine - et tenter de récupérer au passage l’or et le butin du pillage de la Gaule dans les bagages de César.

 

Le soir de cette bataille préliminaire de cavalerie, le chef romain établit son camp (dans la plaine de Champagnole ?). Craignant le retour des cavaliers gaulois, il fait monter ses bagages sur une colline proche (Mont Rivel?). Le lendemain, César arrive devant Alésia, oppidum des Mandubiens, et jugeant la place imprenable d’assaut, il en organise immédiatement le siège. En quelques heures, les principaux passages sont bloqués. Quelques tentatives trop locales de briser les travaux d’encerclement romains par la cavalerie ayant échoué, Vercingétorix décide alors de faire sortir furtivement sa cavalerie, devenue inutile, par des passages encore libres. Il lui donne pour mission de lever une immense armée dans toute la Gaule pour venir écraser les Romains contre  l’oppidum dans lequel il choisit de rester.

" L’armée de Vercingétorix étant rapidement bloquée sur l'oppidum, César établit alors une fortification du même genre que la première mais bien plus longue à réaliser, tournée contre l'armée extérieure. Quelques semaines plus tard, celle-ci arrive. Malgré quelques attaques furieuses mais trop limitées dans le doigt de gant de la plaine de “3000 pas” (Syam) et le sacrifice des 60 000 hommes de Vercassivellaunos dans le chaudron du “camp nord” (Crans), malgré l’attaque simultanée – et réussie- du vallum romain par les assiégés et leur progression sur les abrupts en direction de ce camp nord, attaque stoppée in extremis par César lui-même, l’armée extérieure repart, abandonnant Vercingétorix à son sort.

 

L'indissociable diptyque “bataille de cavalerie” - “siège d'Alésia”

L’un des principaux atouts de la “thèse-découverte” d’André Berthier est qu’elle comporte les deux emplacements cruciaux et indissociables de l’ensemble qui constitue l’épisode d’Alésia : d'une part celui de l’embuscade préliminaire (dans la plaine de Crotenay), et d'autre part le siège lui-même de l'oppidum Alésia (Chaux-des-Crotenay, Syam, Crans). Ils sont bien identifiés sur le terrain, cohérents par rapport aux textes des auteurs anciens,  situés de façon à pouvoir expliquer  le dispositif stratégique audacieux imaginé par Vercingétorix et la réponse tactique très technique apportée par César pour se sortir du piège. Si l’un des deux volets de ce diptyque était absent, avec une bonne probabilité qu’il ne soit jamais découvert - après des années d’intenses recherches -  c’est tout l’ensemble qui devrait être mis en doute.

Voir le document : LES BATAILLES D’ALÉSIA : Rappels historiques 

Visites de terrain organisées régulièrement par ArchéoJuraSites 

Voir aussi les Bulletins annuels de l'association A.L.E.S.I.A. / ArchéoJuraSites.

Le texte des Commentaires de César en ligne :

La Découverte d’André Berthier : Alésia - Chaux-des-Crotenay

Textes clés sur la “Découverte Berthier”

 

  • Un site sorti de l’incognito - Chronologie de 50 années d’investigations- Télécharger
  • La méthode du portrait robot dans la recherche d'Alésia - Télécharger
  • Extrait de “André Berthier. Un homme.Une oeuvre” - Télécharger
  • La découverte d'André Berthier : 


 

 

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